14.12.2007
La Théorie des Cordes de José Carlos Somoza
Isolés sur une île Sud Pacifique, un groupe de scientifiques dépasse la théorie en mettant au point un accélérateur de particules capable d’ouvrir les « cordes du temps » et de visualiser le passé à un moment choisi.
Expérience bouleversante d’un point de vue éthique, psychologique, théologique, qui s’achève par un drame et disperse ces « génies » aux quatre coins du monde, avec pour consignes de garder le silence et d’éviter tout contact.
En 2015, soit 10 ans plus tard, après la mort et la disparition de plusieurs membres de leur équipe, ils doivent bien se rendre à l’évidence : on ne brise pas les barrières du passé en toute impunité…
L’un des postulats de la théorie des cordes, c’est l’existence de plusieurs dimensions ; il n’y en aurait pas seulement 4 (3 spatiales + 1 temporelle, interdépendantes), mais 8 ou plus, entremêlées, dont certaines nichées au cœur des particules, enroulées sur elles-mêmes.
Et si le temps pouvait être ainsi décrit ? Si l’on pouvait ouvrir une corde de temps, et que celle-ci enregistre un certain nombre d’images ? Alors on pourrait observer le passé ; mais cela ne serait évidemment pas sans conséquence, à commencer par « l’impact » créé par le visionnage même d’une séquence « réelle » du passé.
Comme dans ses autres romans, on constate une grande empathie pour l’auteur envers son personnage principal. Mais Somoza joue encore avec les cauchemars, à croire qu’il cherche, à travers ses ouvrages, à débusquer ce qui se terre dans l’ombre, qu’il désire démêler l’origine psychologique des peurs de l’homme, comment elles s’installent et s’insinuent. Pour cela, rien de tel que de placer ses personnages dans des situations extrêmes et incompréhensibles, faisant appel aux peurs primaires de l’homme.
Autre loi physique importante : l’influence de l’observateur sur l’observation ; c’est cette dernière qui va influencer la suite de l'ouvrage, créant d'abord un "impact" psychologique sur les personnages, puis des conséquences physiques, les meurtres des personnages, jamais expliqués "en direct", mais par le regard indirect, par des rapports.
L'auteur insiste beaucoup sur le fait que c'est horrible, effrayant, etc. Donc on se prépare au choc; quelques chapitres plus loin, rebelote... et puis rien. Effectivement, les personnages ont peur, effectivement, ça doit être très dangereux, mais à force de le répéter, on se lasse et on est moins attentif – contrairement aux autre ouvrages de Somoza, où l’horreur se faisait insidieuse et non arrivant avec tambours et trompettes. Du coup, l’histoire se traîne quelque peu ; on insiste sur la psychologie des personnages, leurs relations, parfois ambiguës. Un autre aspect intéressant réside dans la recherche de chaque personnage de l'origine du mal, de celui qui le fait souffrir au quotidien: ce "diable", comme l'appelle un des personnages, ne peut être humain, ne peut être un homme "ordinaire". Et pourtant... c'est un point que Somoza n'a, à mon goût, pas assez creusé, et qui porte sur la notion du mal inhérente à l'homme. Dans quelle mesure un être humain est-il capable de commettre des atrocités? Pour Somoza, la réponse est évidente : tout un chacun en est capable. Pour les personnages, cette réponse est beaucoup moins évidente...
Quant au final… à la fois pathétique et poétique, il reflète bien le roman, naviguant entre deux eaux, partagé entre le désir de mettre en avant la physique – mais on est bien loin de Egan ou Bear, tant au niveau théorique qu’au niveau de la réflexion – et la volonté de clore la problématique de manière « psychologique ». Un roman qui se lit cependant sans déplaisir.
Expérience bouleversante d’un point de vue éthique, psychologique, théologique, qui s’achève par un drame et disperse ces « génies » aux quatre coins du monde, avec pour consignes de garder le silence et d’éviter tout contact.
En 2015, soit 10 ans plus tard, après la mort et la disparition de plusieurs membres de leur équipe, ils doivent bien se rendre à l’évidence : on ne brise pas les barrières du passé en toute impunité…
L’un des postulats de la théorie des cordes, c’est l’existence de plusieurs dimensions ; il n’y en aurait pas seulement 4 (3 spatiales + 1 temporelle, interdépendantes), mais 8 ou plus, entremêlées, dont certaines nichées au cœur des particules, enroulées sur elles-mêmes.
Et si le temps pouvait être ainsi décrit ? Si l’on pouvait ouvrir une corde de temps, et que celle-ci enregistre un certain nombre d’images ? Alors on pourrait observer le passé ; mais cela ne serait évidemment pas sans conséquence, à commencer par « l’impact » créé par le visionnage même d’une séquence « réelle » du passé.
Comme dans ses autres romans, on constate une grande empathie pour l’auteur envers son personnage principal. Mais Somoza joue encore avec les cauchemars, à croire qu’il cherche, à travers ses ouvrages, à débusquer ce qui se terre dans l’ombre, qu’il désire démêler l’origine psychologique des peurs de l’homme, comment elles s’installent et s’insinuent. Pour cela, rien de tel que de placer ses personnages dans des situations extrêmes et incompréhensibles, faisant appel aux peurs primaires de l’homme.
Autre loi physique importante : l’influence de l’observateur sur l’observation ; c’est cette dernière qui va influencer la suite de l'ouvrage, créant d'abord un "impact" psychologique sur les personnages, puis des conséquences physiques, les meurtres des personnages, jamais expliqués "en direct", mais par le regard indirect, par des rapports.
L'auteur insiste beaucoup sur le fait que c'est horrible, effrayant, etc. Donc on se prépare au choc; quelques chapitres plus loin, rebelote... et puis rien. Effectivement, les personnages ont peur, effectivement, ça doit être très dangereux, mais à force de le répéter, on se lasse et on est moins attentif – contrairement aux autre ouvrages de Somoza, où l’horreur se faisait insidieuse et non arrivant avec tambours et trompettes. Du coup, l’histoire se traîne quelque peu ; on insiste sur la psychologie des personnages, leurs relations, parfois ambiguës. Un autre aspect intéressant réside dans la recherche de chaque personnage de l'origine du mal, de celui qui le fait souffrir au quotidien: ce "diable", comme l'appelle un des personnages, ne peut être humain, ne peut être un homme "ordinaire". Et pourtant... c'est un point que Somoza n'a, à mon goût, pas assez creusé, et qui porte sur la notion du mal inhérente à l'homme. Dans quelle mesure un être humain est-il capable de commettre des atrocités? Pour Somoza, la réponse est évidente : tout un chacun en est capable. Pour les personnages, cette réponse est beaucoup moins évidente...
Quant au final… à la fois pathétique et poétique, il reflète bien le roman, naviguant entre deux eaux, partagé entre le désir de mettre en avant la physique – mais on est bien loin de Egan ou Bear, tant au niveau théorique qu’au niveau de la réflexion – et la volonté de clore la problématique de manière « psychologique ». Un roman qui se lit cependant sans déplaisir.
12:30 Publié dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : somoza, theorie des cordes, physique, sf, critique

