04.08.2009

À la poursuite de l'avant-monde

51Y15DK2PNL._SL160_AA115_.jpgÀ la poursuite de l'avant-monde de Colin Marchika (2006)

C. Marchika est l'auteur de l'excellent « les gardiens d'Aleph-Deux », c'est pourquoi je n'ai pas trop hésité à me plonger dans ce roman, malgré un résumé un peu indigent:

L'Avant-Monde : une ère de démesure et de chaos, qui s'acheva dans un cataclysme intergalactique où périrent la plupart des Anciens immortels. Cinq siècles plus tard, le reporter Samuel T. Rull part à la poursuite des survivants de l'Avant-Monde... Il y a dans cette histoire un chasseur de monstres, des sèche-cheveux, un gros crapaud, une brochette de tueurs, une grande blonde qui se croit belle, un sabreur qui se croit malin, deux ou trois gnognoz, une flotte impériale, des indépendantistes brasques, un magicien, les Méduses de l'espace, et même l'Ultime Trahi. Des Blops, aussi. Un beau bordel, en somme.

mais finalement, cette quatrième de couverture rend justice au roman – et la justice est parfois froidement aveugle. Un beau bordel, qui réunit tous les ingrédients du space-opera, mais rien de vraiment original. La touche d'humour est irrégulière, et la présence d'éléments inattendus fait espérer une forme de nonsense qui ne viendra jamais. Tout se mettra doucement en place – peu importe l'histoire, finalement, puisque l'auteur reconnaît dans son ouvrage avoir pompé les classiques de la SF. On se retrouve avec une alternance de chapitres: les premiers suivent plusieurs personnages dans leurs péripéties (de véritables acrobaties galactiques, où l'héroïne, journaliste de son état, se retrouve à enquêter sur le centre d'intérêts principal de son père – ce autour de quoi tourne sa vie, ne chercher pas le pathos, non... - l'Avant-monde du titre. Elle est accompagnée de super-héros (les fameux Anciens) capables de presque tout et ne risquant donc quasiment rien. Dans cet alternance de chapitres, les seconds sont (encore) plus ennuyeux: l'auteur nous détaille l'histoire de l'empire, par le biais de ses personnages les plus marquants, employant une touche d'ironie qui, malheureusement, ne fait qu'éloigner le lecteur d'une histoire dont tout le monde se fout éperdument (à commencer par l'auteur, qui reconnaît précisément en cet endroit avoir réutilisé Dune, Star wars etc. Dans ce cas, pourquoi le lecteur devrait-il perdre son temps avec ce qu'il connait déjà?)
Une déception donc, à tempérer malgré tout: c'est bien écrit, les personnages existent, le rythme est soutenu.