23.12.2007
Le maître du Haut Château par Philip K. Dick
(1962)
En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie â l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais.
Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinoisa dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint â circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945...
« Nous sommes absurdes, parce que nous vivons d’après un livre vieux de cinq milles ans. Nous lui posons des questions comme s’il était vivant. Il est vivant. Comme la Bible des Chrétiens ; bien des livres sont réellement vivants. Et non pas pour parler par métaphores. L’esprit les anime. »
Le Maître du Haut château est donc une uchronie où l’Allemagne nazie a gagné la 2nd Guerre Mondiale, soutenue par le Japon. L’histoire se déroule dans une Amérique où la culture japonaise s’est installée (ô ironie) et où tout objet « culturel » d’origine américaine est objet de collection. Les Usa semblent eux-mêmes devenus un collector pour amateur averti. Des intrigues se nouent pour essayer de modifier les rapports de force au sein du IIIè Reich. L’empire voulu par Hitler s’est donc répandu sur Terre, et même dans l’espace, colonisant Mars, se préparant à aller plus loin. L’intrigue se déroule aux Etats-Unis et suit plusieurs personnages, très différents.
Le Yi-King (plus de détails), art âgé de 5000 ans, il sert à donner des pistes sur l'état actuel du monde et ses évolutions possibles, jouant le rôle d'un oracle qu'on consulte avant de prendre une décision sur une question difficile (voir wiki). Et le Yi-king tient ici une place centrale, davantage même que les guerres ou les individus. Il est le centre de toute décision, le passage obligé de la réflexion de chacun des personnages, le guidant dans ses choix, guidant la réalité à travers les multiples possibles. Et c’est tout l’art de Dick de montrer/démontrer cela tout au long de son ouvrage.
Le Maître du Haut Château n’est finalement qu’un « banal » écrivain et n’est la source d’aucune révolution. Par contre, dès que les personnages se rapprochent de lui, lisent son œuvre, ils semblent d’un coup plus réels, pesant davantage de poids. Idem pour les citoyens japonais quand ils consultent le Yi-king, outil indispensable jamais remis en cause. Et finalement, c’est grâce à cette culture en voie de disparition (i.e. américaine) qu’un japonais, par l’appréhension d’un objet nouveau de ladite culture, va mieux comprendre la structure universelle. Et découvrir que le monde peut n’être qu’une gigantesque illusion.
Qui, de l’homme ou du Yi-King, a raison ? Aucun des deux, semble dire K. Dick. Chacun perçoit/présente une réalité, et à partir de là, s’y conforte ; au sein des multitudes de futurs possibles, de réalités potentielles, des choix sont faits ; mais d’autres sont toujours visibles, et un basculement paraît toujours possible…
En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie â l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais.
Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinoisa dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint â circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945...
« Nous sommes absurdes, parce que nous vivons d’après un livre vieux de cinq milles ans. Nous lui posons des questions comme s’il était vivant. Il est vivant. Comme la Bible des Chrétiens ; bien des livres sont réellement vivants. Et non pas pour parler par métaphores. L’esprit les anime. »
Le Maître du Haut château est donc une uchronie où l’Allemagne nazie a gagné la 2nd Guerre Mondiale, soutenue par le Japon. L’histoire se déroule dans une Amérique où la culture japonaise s’est installée (ô ironie) et où tout objet « culturel » d’origine américaine est objet de collection. Les Usa semblent eux-mêmes devenus un collector pour amateur averti. Des intrigues se nouent pour essayer de modifier les rapports de force au sein du IIIè Reich. L’empire voulu par Hitler s’est donc répandu sur Terre, et même dans l’espace, colonisant Mars, se préparant à aller plus loin. L’intrigue se déroule aux Etats-Unis et suit plusieurs personnages, très différents.
Le Yi-King (plus de détails), art âgé de 5000 ans, il sert à donner des pistes sur l'état actuel du monde et ses évolutions possibles, jouant le rôle d'un oracle qu'on consulte avant de prendre une décision sur une question difficile (voir wiki). Et le Yi-king tient ici une place centrale, davantage même que les guerres ou les individus. Il est le centre de toute décision, le passage obligé de la réflexion de chacun des personnages, le guidant dans ses choix, guidant la réalité à travers les multiples possibles. Et c’est tout l’art de Dick de montrer/démontrer cela tout au long de son ouvrage.
Le Maître du Haut Château n’est finalement qu’un « banal » écrivain et n’est la source d’aucune révolution. Par contre, dès que les personnages se rapprochent de lui, lisent son œuvre, ils semblent d’un coup plus réels, pesant davantage de poids. Idem pour les citoyens japonais quand ils consultent le Yi-king, outil indispensable jamais remis en cause. Et finalement, c’est grâce à cette culture en voie de disparition (i.e. américaine) qu’un japonais, par l’appréhension d’un objet nouveau de ladite culture, va mieux comprendre la structure universelle. Et découvrir que le monde peut n’être qu’une gigantesque illusion.
Qui, de l’homme ou du Yi-King, a raison ? Aucun des deux, semble dire K. Dick. Chacun perçoit/présente une réalité, et à partir de là, s’y conforte ; au sein des multitudes de futurs possibles, de réalités potentielles, des choix sont faits ; mais d’autres sont toujours visibles, et un basculement paraît toujours possible…
11:00 Publié dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maitre du haut chateau, dick, sf, critique, yi-king, guerre, uchronie

