06.11.2007
Chrysalis
Chrysalis est un film de SF français de 2007, réalisé par Julien Leclercq.
Le scénario : David Hoffmann, lieutenant à Europol, la police européenne, voit sa femme se faire tuer en service sous ses yeux. Il reprendra cependant le service pour enquêter sur une série de meurtres surprenants ; son travail le mènera jusqu’à une clinique hi-tech, un tueur froid et violent, et une manipulation possible de la mémoire… On suit
également la rémission d’une jeune fille dans la clinique en question, après un grave accident de voiture (sobre mais efficace séquence d’ouverture) ; sa mère s’occupe de son cas, lui faisant passer un certain nombre de tests, sur une machine dont on suppose initialement qu’elle travaille sa mémoire.
Le scénario ne casse pas des briques… Au fur et à mesure que l’histoire avance, on se doute de ce qu’il adviendra, et la fin ne surprend que peu. Pourtant… pourtant l’atmosphère est – partiellement – là (pas aussi pesante que Blade runner). Des lieux confinés (toute l’action se passe en intérieur, les seules scènes en extérieur, ou presque, se situent à la fin du film), une caméra proche des personnages, peu de lumière ; tout est fait pour étouffer le spectateur. Les combats se font la plupart du temps à mains nues, présentant des chorégraphies sobres ; le maître mot semble avoir été l’efficacité.
Les personnages sont attachants ; d’un côté Hoffman, loin de tout, à la recherche de celui qui a tué sa femme, mais voulant également remonter de son trou sombre ; sa nouvelle collègue ajoute une légère touche d’humour, fort bienvenue. Au cœur de la clinique, la directrice surveille de près sa fille ; tout semble être fait pour elle, même si cette dernière trouve ses journées pesantes.
Côté environnement, l’histoire se situe dans un avenir proche. Les décors sont une prolongation de l’actuel, des lignes sobres, épurées, rien d’ostentatoire. Au contraire de minority report, par exemple, pas d’omniprésence de la publicité, pas de haute technologie particulière voyante, pas de véhicules sur rail. Les écrans sont plats, les ordinateurs encastrés dans les bureaux. Une opération chirurgicale à distance, par le biais de la réalité virtuelle est présentée dans la clinique.
La problématique de la mémoire numérisée n’est que survolée, utilisée comme un cliché pour balancer rapidement le final.
Un film qui se regarde avec plaisir, mais qui laisse une impression un peu mitigée.
Le scénario : David Hoffmann, lieutenant à Europol, la police européenne, voit sa femme se faire tuer en service sous ses yeux. Il reprendra cependant le service pour enquêter sur une série de meurtres surprenants ; son travail le mènera jusqu’à une clinique hi-tech, un tueur froid et violent, et une manipulation possible de la mémoire… On suit
également la rémission d’une jeune fille dans la clinique en question, après un grave accident de voiture (sobre mais efficace séquence d’ouverture) ; sa mère s’occupe de son cas, lui faisant passer un certain nombre de tests, sur une machine dont on suppose initialement qu’elle travaille sa mémoire.
Le scénario ne casse pas des briques… Au fur et à mesure que l’histoire avance, on se doute de ce qu’il adviendra, et la fin ne surprend que peu. Pourtant… pourtant l’atmosphère est – partiellement – là (pas aussi pesante que Blade runner). Des lieux confinés (toute l’action se passe en intérieur, les seules scènes en extérieur, ou presque, se situent à la fin du film), une caméra proche des personnages, peu de lumière ; tout est fait pour étouffer le spectateur. Les combats se font la plupart du temps à mains nues, présentant des chorégraphies sobres ; le maître mot semble avoir été l’efficacité.
Les personnages sont attachants ; d’un côté Hoffman, loin de tout, à la recherche de celui qui a tué sa femme, mais voulant également remonter de son trou sombre ; sa nouvelle collègue ajoute une légère touche d’humour, fort bienvenue. Au cœur de la clinique, la directrice surveille de près sa fille ; tout semble être fait pour elle, même si cette dernière trouve ses journées pesantes.
Côté environnement, l’histoire se situe dans un avenir proche. Les décors sont une prolongation de l’actuel, des lignes sobres, épurées, rien d’ostentatoire. Au contraire de minority report, par exemple, pas d’omniprésence de la publicité, pas de haute technologie particulière voyante, pas de véhicules sur rail. Les écrans sont plats, les ordinateurs encastrés dans les bureaux. Une opération chirurgicale à distance, par le biais de la réalité virtuelle est présentée dans la clinique.
La problématique de la mémoire numérisée n’est que survolée, utilisée comme un cliché pour balancer rapidement le final.
Un film qui se regarde avec plaisir, mais qui laisse une impression un peu mitigée.
10:30 Publié dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chrysalis, dupontel, sf, memoire
27.08.2007
Amnésie de Sarah Vajda
L’histoire commence un 3 avril 2003 : le commissaire divisionnaire Jean Morel et une étudiante juive Marie Sarah sont retrouvés morts, côte à côte, dans une chambre d’hôtel à Séville, suicidés. A partir de cette étrange mort, la narratrice remonte le temps. Retour aux années de la déportation des juifs français, retour sur l’assassinat d'une centaine de prisonniers espagnols et gitans du camp de Larche dans le Midi de la France. En toile de fond, notre époque, avec la traque d’un tueur en série assassinant certaines jeunes femmes de la ville.
Le roman est une succession de fragments mémoriaux, d'une mémoire collective et individuelle. Très rapidement, la dimension enquête policière concernant les meurtres est désamorcée, écartée au profit d'un questionnement, d'une recherche sur l'oubli, l'amnésie volontaire, permettant d'écarter les mauvaises actions passées, de les enterrer dans un coin du cerveau.
À ce titre, il y a ici beaucoup de similitudes avec le Villa Vortex de Dantec : style très référentiel (mais beaucoup moins chargé et évocateur que Dantec), et une tentative de structuration similaire, passant par un dialogue imaginaire marquant un changement d'horizon. Mais Vajda explore, à travers son style acéré, appelant parfois trop ses prédécesseurs, le Mal, son immixtion dans la mémoire, les actes des êtres, « comment en est-on arrivé là? » Sans forcément trouver une réponse, mais en rappelant que grâce à l'amnésie volontaire, qui lave de tous nos péchés, tout peut recommencer demain.
Mais la question centrale est bien celle du Mal, présent où que l’on tourne le regard, vers les autres ou même le passé. Les morts se succèdent aux morts, l'Histoire n'est qu'un charnier sans cesse déterré, amené à la lumière, que Vajda tient bien devant nos yeux, pour que nous n’oubliions rien. Ici est décrite la déshumanisation à plusieurs niveaux, de l’holocauste à la tuerie « artisanale » par un tueur en série. Les morts sont omniprésents, prenant quasiment plus de place que les vivants, hurlant leur demande de repos. Et puis la passivité, la participation par la servitude volontaire.
La résolution du crime en série est expédiée rapidement, elle n'a pas aboutie à l'arrestation de l'assassin (autre similitude avec Villa vortex, l'enquête est vaine, tuée dans l'œuf) ; quelques invraisemblances sont également visibles, mais pas forcément significatives – la mémoire et le souvenir déforment toujours les faits et la chronologie.Enfin l'épilogue est une prière au divin et un envoi pour le lecteur: « Ce livre est ce conte à oublier sous peine de mort, qui, oublié, causerait bien des morts. »
Le roman est une succession de fragments mémoriaux, d'une mémoire collective et individuelle. Très rapidement, la dimension enquête policière concernant les meurtres est désamorcée, écartée au profit d'un questionnement, d'une recherche sur l'oubli, l'amnésie volontaire, permettant d'écarter les mauvaises actions passées, de les enterrer dans un coin du cerveau.
À ce titre, il y a ici beaucoup de similitudes avec le Villa Vortex de Dantec : style très référentiel (mais beaucoup moins chargé et évocateur que Dantec), et une tentative de structuration similaire, passant par un dialogue imaginaire marquant un changement d'horizon. Mais Vajda explore, à travers son style acéré, appelant parfois trop ses prédécesseurs, le Mal, son immixtion dans la mémoire, les actes des êtres, « comment en est-on arrivé là? » Sans forcément trouver une réponse, mais en rappelant que grâce à l'amnésie volontaire, qui lave de tous nos péchés, tout peut recommencer demain.
Mais la question centrale est bien celle du Mal, présent où que l’on tourne le regard, vers les autres ou même le passé. Les morts se succèdent aux morts, l'Histoire n'est qu'un charnier sans cesse déterré, amené à la lumière, que Vajda tient bien devant nos yeux, pour que nous n’oubliions rien. Ici est décrite la déshumanisation à plusieurs niveaux, de l’holocauste à la tuerie « artisanale » par un tueur en série. Les morts sont omniprésents, prenant quasiment plus de place que les vivants, hurlant leur demande de repos. Et puis la passivité, la participation par la servitude volontaire.
La résolution du crime en série est expédiée rapidement, elle n'a pas aboutie à l'arrestation de l'assassin (autre similitude avec Villa vortex, l'enquête est vaine, tuée dans l'œuf) ; quelques invraisemblances sont également visibles, mais pas forcément significatives – la mémoire et le souvenir déforment toujours les faits et la chronologie.Enfin l'épilogue est une prière au divin et un envoi pour le lecteur: « Ce livre est ce conte à oublier sous peine de mort, qui, oublié, causerait bien des morts. »
23:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tueur, vajda, collaboration, mal, littérature, mémoire, mort

