15.11.2008
Les univers multiples - Stephen Baxter
Pas de résumé de ces ouvrages… Le premier (Temps) détaille l’envol hors de la Terre de l’humanité, par le biais d’un homme d’une volonté de fer. Cependant, elle n’y trouvera rien de plus que son propre reflet, pas d’autre intelligence en vue quelle que soit la période observée.
Le second (Espace) présente l’apparition, dans la galaxie, d’une autre espèce intelligente. Pourtant, celle-ci ne recherche pas le contact avec l’humanité, ayant probablement mieux à faire. Ici, la position est à l’exact opposé de « Temps » : la vie existe, a existé partout.
Enfin le troisième volet (Origine) de cette saga, présuppose par son titre que l’on aura des réponses à toutes nos questions. Que nenni mon bon, même si cela reste intéressant. Le paradoxe de Fermi est donc exploré « dans tous les sens ».
Chacun des tomes nous fait suivre les mêmes personnages, dans un univers ayant évolué différemment des autres. Dans tous, Reid Malenfant tient la place centrale ; mais tandis que là il est astronaute, ailleurs il ne l’est pas devenu. C’est le premier point, à mon sens, qui rend l’ensemble passionnant ; étudiez une histoire sous différents angles, en changeant quelques paramètres. L’autre est l’ambition portée par cette trilogie, décrire des univers parallèles (dans le sens de très proches), tout en proposant une vision de l’univers s’étendant loin, très loin… jusqu’à sa fin, et peut-être même au-delà. Dans « Temps », Baxter n’est pas avare en nouvelles idées, en spéculation, en descriptions. Il porte ses idées à leurs limites. Dans Espace, on va également très loin, en évitant la redite, même si les personnages sont les mêmes. A se demander où s’arrêtera son imagination… Mais Origine est, à mon sens, particulièrement décevant. L’idée est bonne (l’origine des univers multiples) mais à mon sens sous-exploitée, et il n’y a plus ici ce fourmillement intellectuel dont Baxter fait habituellement preuve. De plus, l’auteur n’est pas très à l’aise avec les hommes : leurs caractères, leurs relations sont un peu carton-pâte, pas toujours crédibles et régulièrement ennuyeux. Au-delà de cet aspect, Baxter signe une trilogie impressionnante, ambitieuse, passionnante.
10:04 Publié dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : univers, multplies, sf, baxter, humanité
03.09.2007
Evolution de Stephen Baxter
Purga est un purgatorius, l'un des tout premiers mammifères, et l'ancêtre de l'humanité. Elle vit la nuit, et sa principale occupation consiste à trouver de la nourriture pour elle et ses petits. Elle aurait pu poursuivre ainsi son existence, mais la chute d'un météore va tout bouleverser. L'écosystème subit de gigantesques mutations, les dinosaures s'éteignent, et la longue marche vers ce qui, un jour, deviendra l'homme peut commencer... D'où venons-nous ? Où allons-nous ? En descendant, branche après branche, l'arbre généalogique de l'humanité, Stephen Baxter tente de restituer de la manière la plus exacte possible, et non sans humour, le quotidien de nos ancêtres, et d'imaginer ce que pourrait être celui de nos descendants, cinq cents millions d'années après notre ère.
L'auteur nous entraîne dans un passionnant panorama de l'histoire de l'évolution de l'humanité, de l'apparition du premier mammifère, qui mènera au lointain homo sapiens, à son futur et tout aussi lointain descendant.
Le moteur de cette évolution? L'adaptation ; adaptation de l'animal à son milieu, adaptation des gènes, la sélection naturelle chère à Darwin et Dawkins. Et Baxter présente tout le processus qui mène à l'homme actuel, les premiers mammifères, la disparition des dinosaures suite à la chute d'une météorite (et ses conséquences dévastatrices pour la majorité des espèces animales et végétales), l'utilisation des outils, l'apparition de la conscience, de la conscience de soi, de l'autre, des croyances, la nécessité des relations sociales etc. Pour arriver à notre époque quasi charnière, et la prolonger très loin.
Le tout écrit de manière très agréable, chaque époque faisant le lien avec les précédentes, chaque brin d'histoire étant lié à un ensemble, s'imbriquant dans l'histoire globale. Puis l'auteur nous amène à l'époque actuelle, pour nous resituer dans l'évolution, et part ensuite jusqu'à quelques millions d'années de notre ère, à une époque où l'homme a disparu. Pour enfin atteindre la fin de notre système solaire, l'explosion de notre soleil et de la terre. L'histoire est donc une suite d'évolutions (ou bien, tel que l'avance le titre, une seule évolution?), dues à la sélection naturelle, aux catastrophes (naturelles), à l'environnement. Et le poids de l'homme sur l'histoire de la vie, sur plusieurs milliards d'années, n'est que relativement faible. La vie gagne toujours, l'homme n'est qu'une voie, une forme biologique parmi d'autres.
Cette macrohistoire permet également de relativiser la position de l'homme, son passé, son avenir, au regard d'une histoire beaucoup plus grande que lui, qui durera encore bien après sa disparition.
21:00 Publié dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : evolution, baxter, sf, science-fiction, critique, humanité


