27.09.2009

Le fond des forêts de David Mitchell

51dVqLEuMwL._SL160_AA115_.jpgLe fond des forêts de David Mitchell (2006)

Jason Taylor, un garçon de 13 ans atteint de bégaiement, est le héros rêveur de ce récit initiatique qui se déroule pendant les douze mois de l'année 1982, dans un petit village du Worcestershire. A l'école ou chez lui, Jason affronte l'incompréhension et le mépris. Pour fuir la réalité, il mène sa propre existence dans un monde peuplé de visions étranges, d'animaux sauvages, de figures ambiguës. Poète à ses heures - sous le pseudonyme d'Eliot Bolivar -, il se réfugie dans la forêt de Black Swan Green et patine sur le lac gelé, terrain privilégié de ses échappées imaginaires.

Pas grand chose du domaine fantastique ici, contrairement à ce que prétend le résumé; simplement le reflet de l'imagination d'un enfant, Jason Taylor (auto-surnommé le minable ou le bègue, pour les parts de son caractère qui l'empêchent de faire ce qu'il voudrait) au moment de son entrée délicate dans l'adolescence. La souffrance due au bégaiement, d'être différent, de ne pas comprendre ses parents et sa soeur. Chaque chapitre comme une tranche de vie, bonne ou mauvaise, et quand ce dernier cas se présente, on n'attend plus que le prochain chapitre, en se disant que ça ira mieux. D. Mitchell décrit tout cela, et bien plus encore; les difficultés de langage, l'expression par le biais de la poésie, la colère et l'apaisement, tout cela avec comme toile de fond l'actualité anglaise de 1982 et toutes les références culturelles qui vont avec. Un des intérêts de ce roman est le regard du narrateur – Jason – qui va évoluer au cours de ces 12 mois, et son discours également.