08.04.2008
Suttree de Cormac McCarthy
Ample odyssée de la précarité et de la misère, ce livre raconte la descente aux enfers d'un déclassé, Cornelius Suttree, sur les berges de la rivière Tennessee, dans les années cinquante. Suttree résonne de toutes les voix, pathétiques, tendres et burlesques, des laissés-pour-compte de la société américaine vers lesquels le héros entame son voyage au bout de la compassion et de l'amour.
Après avoir l'obscurité du dehors, Suttree, donc. L’histoire simple d’un homme simple, traversant la vie, au milieu de torrents de malheurs et de douleurs. L’ennui, l’alcool, la recherche de quelques cents pour survivre rythment les journées, sans rien pour véritablement modifier cette lutte. Parfois brille une lumière, mais c’est pour bien vite s’éloigner – comme si tout cela, finalement, ne concernait que les hommes. Suttree n’a donc pas de chance, vivotant entre sa cabane de pêcheur, ramenant un peu de poisson sur le marché pour gagner de l’argent, ou bien ramassé régulièrement par la police. Alors McCarthy nous dit tout, détaille chaque instant, n’épargne rien – nous ne sommes pas là pour être épargnés. Il va jusqu’au bout, ne s’arrête pas au cadavre mais s’intéresse à la putréfaction, à l’odeur, à l’absence de réaction. Mais surtout, ici encore, il ne juge pas, décrivant, montrant, sans jamais juger ses personnages, sans insérer de dimension « morale », sans les forcer à rentrer dans le cadre rassurant de la recherche d’une vie sociale plus standard, plus ordinaire, tout simplement plus normale. Non, Suttree vit sa vie, trace sa route, et ses motivations ne sont pas claires ; ça n’est pas l’auteur qui va donner – clairement du moins – les détails.
Enfin bon, voilà, c’est très bien, comme ses autres bouquins.
Après avoir l'obscurité du dehors, Suttree, donc. L’histoire simple d’un homme simple, traversant la vie, au milieu de torrents de malheurs et de douleurs. L’ennui, l’alcool, la recherche de quelques cents pour survivre rythment les journées, sans rien pour véritablement modifier cette lutte. Parfois brille une lumière, mais c’est pour bien vite s’éloigner – comme si tout cela, finalement, ne concernait que les hommes. Suttree n’a donc pas de chance, vivotant entre sa cabane de pêcheur, ramenant un peu de poisson sur le marché pour gagner de l’argent, ou bien ramassé régulièrement par la police. Alors McCarthy nous dit tout, détaille chaque instant, n’épargne rien – nous ne sommes pas là pour être épargnés. Il va jusqu’au bout, ne s’arrête pas au cadavre mais s’intéresse à la putréfaction, à l’odeur, à l’absence de réaction. Mais surtout, ici encore, il ne juge pas, décrivant, montrant, sans jamais juger ses personnages, sans insérer de dimension « morale », sans les forcer à rentrer dans le cadre rassurant de la recherche d’une vie sociale plus standard, plus ordinaire, tout simplement plus normale. Non, Suttree vit sa vie, trace sa route, et ses motivations ne sont pas claires ; ça n’est pas l’auteur qui va donner – clairement du moins – les détails.
Enfin bon, voilà, c’est très bien, comme ses autres bouquins.
19:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : suttree, cormac, mccarthy, tennessee
22.02.2008
L’obscurité du dehors de Cormac McCarthy
Le jour où naît l'enfant de l'inceste, le père court le dissimuler dans un fourré, puis prend la fuite. La mère (sa soeur) part à la recherche du nourrisson qu'un colporteur a emporté. Et dès lors, au coeur des paysages mythiques du Sud américain, dans le désespoir et la confrontation avec les autres personnages du roman, commence pour chacun une errance toute particulière.
McCarthy a une écriture très particulière, donnant une grande force à chacune de ses descriptions, à chacun des lieux. Les personnages tout d’abord ; leur buts, leur fonctionnement ne sont jamais explicités ; ils agissent, c’est tout, avançant, quoi qu’il advienne. L’une à la recherche de son enfant, désespérée de le retrouver, découvrant le monde au-delà de la cabane dans laquelle elle vit ; l’autre, à la recherche de sa sœur, cherchant du travail pour vivre. Et chacun de se justifier, de devoir expliquer à toute personne rencontrer pourquoi il agit ainsi. Hors de leur cocon donc, le monde semble beaucoup plus dangereux, plus agressif, l’obscurité – l’obscurantisme ? – y règne. Le désespoir, la misère imprègne chaque page, chaque scène, se dissimulent dans chaque personnage. Ici tout est noir, l’obscurité – pour notre regard – ne semble dissimuler aucune lueur, rien. Il ne semble rien y avoir et pourtant, la vie continue, avance, chemine sans se poser de questions, et surtout pas celle du bien et du mal.
McCarthy a une écriture très particulière, donnant une grande force à chacune de ses descriptions, à chacun des lieux. Les personnages tout d’abord ; leur buts, leur fonctionnement ne sont jamais explicités ; ils agissent, c’est tout, avançant, quoi qu’il advienne. L’une à la recherche de son enfant, désespérée de le retrouver, découvrant le monde au-delà de la cabane dans laquelle elle vit ; l’autre, à la recherche de sa sœur, cherchant du travail pour vivre. Et chacun de se justifier, de devoir expliquer à toute personne rencontrer pourquoi il agit ainsi. Hors de leur cocon donc, le monde semble beaucoup plus dangereux, plus agressif, l’obscurité – l’obscurantisme ? – y règne. Le désespoir, la misère imprègne chaque page, chaque scène, se dissimulent dans chaque personnage. Ici tout est noir, l’obscurité – pour notre regard – ne semble dissimuler aucune lueur, rien. Il ne semble rien y avoir et pourtant, la vie continue, avance, chemine sans se poser de questions, et surtout pas celle du bien et du mal.
19:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : obscurité du dehors, cormac, mccarthy

