28.05.2008

Exultant de Stephen Baxter

25000 ans après Jésus-Christ, l’humanité dans la diversité de ces évolutions...
L’humanité toujours en guerre. Une guerre millénaire pour la conquête de la galaxie, une guerre contre un ennemi méconnu, inconnu, une guerre qui est un moteur de l’économie, de la survie… Une guerre qui est le début et la fin de tout…

Tout démarre donc comme un space-opera standard, prêt à obéir aux lois du genre. Et puis très rapidement, ben non… Les paradoxes temporels engendrés par l’usage de technologies supraluminiques ne sont pas ignorés, ils font partie intégrante de l’histoire ; dès le début, un « apprenti héros » se trouvera confronté à son double temporel plus jeune.
Habituellement, l’humanité se trouve en guerre contre un extra-terrestre inconnu, incompréhensible et méga-balaize. C’est bien sûr le cas ici ; mais Baxter n’est pas un auteur quelconque (mais non !), et il va explorer une voie un peu plus originale, ancrant son histoire à la fois dans les origines de l’univers, mais aussi dans les courbures de l’espace-temps (quand on vous dit qu’il a de l’imagination !). Et évidemment, les chosees ne s’arrêteront pas là ; trous noirs, univers parallèles, déplacements temporels sont les lots de cette grande aventure.
La nouvelle forme d’humanité, la coalescence, est ici reprise, 20.000 ans après le premier roman, avec ses particularités, son évolution, sa spécialisation.
Mais quand Baxter a une idée, elle ne vient pas toute seule : son roman est un foisonnement intellectuel – parfois au détriment de la lisibilité des personnages.
Les trous noirs sont donc un fondement de l’univers ; en sont issues des cultures, des topographies différentes. Mais c’est également un support d’information, potentiellement un calculateur. L’univers est né… ben oui, mais de là où il vient, il y avait une myriade de soupes d’univers en gestation, et des formes de vie étaient déjà présentes, forcément différentes. Et puis le big bang amena des collisions, des civilisations apparurent et disparurent, toute échelle de temps et d’espace relative. Enfin, bien plus tard arrivèrent les hommes, l’essaimage de la galaxie, leur lutte contre un adversaire séculaire. L’auteur fera donc voyager son lecteur dans pas mal d’endroits, rencontrant plusieurs espèces, développant de nouvelles technologies.

Baxter exploite la société qu’il a bâtie dans le tome précédent (Coalescence) ; ici point de rappel lourdingue, tout est fait en subtilité ; on retrouve un Baxter imaginatif, et Coalescence ne semble donc qu’être une (trop) longue (et ennuyeuse) introduction à cette odyssée universelle. Pourtant tout n’est pas rose ; Baxter n’a pas lâché (ou du moins la traduction) un style un peu lourd, aux dialogues parfois peu judicieux. Comme si l’important était d’explorer les idées, leurs conséquences, et que l’humain n’était que quantité négligeable, délaissé au profit des rebondissements et avancées scientifiques. Beaucoup de rebondissements, des spéculations à tout va… un excellent roman.

14.05.2008

Coalescence de Stephen BAXTER

Après l’enterrement de son père, George Poole découvre l’existence d’une sœur jumelle disparue à l’âge de quatre ans. Avec l’aide d’un ami d’enfance ayant tendance à voir des complots partout, jusqu’à l’échelle cosmique, il se lance à la recherche de sa sœur, dans une enquête qui le conduira sur les traces d’une étrange institution basée à Rome, l’Ordre de Sainte Marie Reine des Vierges...
Parallèlement, on découvre la vie de Regina, jeune Romaine que la famille de Poole revendique comme son plus ancien ancêtre connu, qui assiste impuissante depuis sa Bretagne natale à l’effondrement de l’empire romain.

Et voilà. On pouvait s’attendre, avec Baxter, à un roman plein d’imagination, dix idées à la page, du voyage et de l’émerveillement. Pour la partie voyage, on n’est pas déçu. Pour le reste, c’est beaucoup plus léger ; l’ensemble est très classique, et malgré l’indéniable talent de conteur de l’auteur, on s’ennuie ferme. Oui, il y a des liens entre les histoires ; oui, l’ordre perdure et vise à sa propre survie ; oui, il y aura des rebondissements ; oui, il y a une inspiration biologique et une explication théorique de la chose vers la fin, quand on est presque endormi. La partie historique est intéressante, les relations entre les personnages bien étudiées – quelle que soit l’époque – mais on s’ennuie (je l’ai déjà dit, non ?). Titre initiateur d’une trilogie, la suite pourrait pourtant se révéler beaucoup plus intéressante, de part l’ouverture finale de ce premier roman. A suivre donc…