04.02.2008
L’homme stochastique par Robert Silverberg
En cette fin du XXe siècle, la science, précisément, a fait de si étonnants progrès que la stochastique — l'art de conjecturer — atteint un extraordinaire degré de sûreté. Et Lew Nichols s'est révélé d'une telle maîtrise en matière de prévision qu'il est devenu le très influent conseiller de Paul Quinn, qui sera sans doute président des États-Unis en 2004.
Mais voici que surgit de l'ombre Carjaval, l'homme qui sait tout de l'avenir, même l'heure de sa mort. Il propose à Nichols de lui transmettre son savoir. Pour Nichols, ce serait la toute-puissance, et pourtant il hésite. Face à un futur sans alternative, sans libre arbitre, il est saisi de vertige et de terreur.
On trouve ici la confrontation de 2 visions du futur : l’une probabiliste, l’autre déterministe. La première nous parait la plus naturelle aujourd’hui, et correspond à celle du narrateur ; il imagine des scénarios à partir des tendances qu’il observe, d’évènements apparemment non liés mais qui pourraient se révéler être liés, extrapole, suppute, ose à partir de ce qu’il observe ; il ne peut que construire des probabilités d’apparitions des phénomènes futures, tendant à réduire le hasard au minimum ; il ne peut cependant pas prévoir l’imprévoyable, l’inattendu, et n’a pas connaissance de tous les faits.
Le second, lui, n’observe pas le monde de la même manière ; il « reçoit », capte le présent et l’avenir sur le même plan, selon un schéma rigide et déterminé. D’après son expérience, il n’y a que des faits, y compris dans l’avenir, et quoi qu’il ait pu tenter pour modifier le futur, il a toujours échoué. Il connaît donc ce qui va advenir dans le plus petit détail, mais a complètement abdiqué sa volonté à celui-ci, puisqu’il n’a plus aucun libre arbitre – chacune de ses « décisions », il l’a déjà « prise » dans un autre présent.
Ces deux hommes vont donc soutenir un homme politique charismatique dans sa montée vers les sommets, l’un pour goûter un peu plus le pouvoir, l’auret parce que cela appartient au schéma qu’il observe.
Très proche de « l’oreille interne », par la manière de traiter un thème similaire, l’homme stochastique s’en éloigne pourtant ; il n’est pas ici uniquement question des doutes d’un homme, mais de l’appréhension de l’avenir dans notre société occidentale. Evidemment, la trajectoire « politique » des personnages n’est là que pour montrer l’importance des décisions relatives à l’avenir (la même chose avec le personnage de l’oreille interne n’aurait pas donné le même résultat), et à aucun moment, les idées de Quinn, le politicien charismatique, ne sont exprimées – d’où les appréhensions, par la suite, de son futur statut de dictateur – et l’auteur n’insistera pas sur ce point.
Ainsi, le déterminisme et les statistiques s’opposent ; puisque rien ne peut être fait contre l’avenir, il est forcément déterminé. Aussi Nichols cherchera une échappatoire, tout en s’accomodant de visions qui se répéteront tout au long de sa vie. Tandis que l’un a renoncé à son libre arbitre (du moins, il a autrefois essayé de modifier ses visions, sans aucun succès ; c’est pourquoi il considère qu’il n’y a aucune liberté), l’autre cherche à modifier les choses ; si ce n’est pas de lui-même, ce sera par d’autres.
Mais voici que surgit de l'ombre Carjaval, l'homme qui sait tout de l'avenir, même l'heure de sa mort. Il propose à Nichols de lui transmettre son savoir. Pour Nichols, ce serait la toute-puissance, et pourtant il hésite. Face à un futur sans alternative, sans libre arbitre, il est saisi de vertige et de terreur.
On trouve ici la confrontation de 2 visions du futur : l’une probabiliste, l’autre déterministe. La première nous parait la plus naturelle aujourd’hui, et correspond à celle du narrateur ; il imagine des scénarios à partir des tendances qu’il observe, d’évènements apparemment non liés mais qui pourraient se révéler être liés, extrapole, suppute, ose à partir de ce qu’il observe ; il ne peut que construire des probabilités d’apparitions des phénomènes futures, tendant à réduire le hasard au minimum ; il ne peut cependant pas prévoir l’imprévoyable, l’inattendu, et n’a pas connaissance de tous les faits.
Le second, lui, n’observe pas le monde de la même manière ; il « reçoit », capte le présent et l’avenir sur le même plan, selon un schéma rigide et déterminé. D’après son expérience, il n’y a que des faits, y compris dans l’avenir, et quoi qu’il ait pu tenter pour modifier le futur, il a toujours échoué. Il connaît donc ce qui va advenir dans le plus petit détail, mais a complètement abdiqué sa volonté à celui-ci, puisqu’il n’a plus aucun libre arbitre – chacune de ses « décisions », il l’a déjà « prise » dans un autre présent.
Ces deux hommes vont donc soutenir un homme politique charismatique dans sa montée vers les sommets, l’un pour goûter un peu plus le pouvoir, l’auret parce que cela appartient au schéma qu’il observe.
Très proche de « l’oreille interne », par la manière de traiter un thème similaire, l’homme stochastique s’en éloigne pourtant ; il n’est pas ici uniquement question des doutes d’un homme, mais de l’appréhension de l’avenir dans notre société occidentale. Evidemment, la trajectoire « politique » des personnages n’est là que pour montrer l’importance des décisions relatives à l’avenir (la même chose avec le personnage de l’oreille interne n’aurait pas donné le même résultat), et à aucun moment, les idées de Quinn, le politicien charismatique, ne sont exprimées – d’où les appréhensions, par la suite, de son futur statut de dictateur – et l’auteur n’insistera pas sur ce point.
Ainsi, le déterminisme et les statistiques s’opposent ; puisque rien ne peut être fait contre l’avenir, il est forcément déterminé. Aussi Nichols cherchera une échappatoire, tout en s’accomodant de visions qui se répéteront tout au long de sa vie. Tandis que l’un a renoncé à son libre arbitre (du moins, il a autrefois essayé de modifier ses visions, sans aucun succès ; c’est pourquoi il considère qu’il n’y a aucune liberté), l’autre cherche à modifier les choses ; si ce n’est pas de lui-même, ce sera par d’autres.
19:00 Publié dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : homme stochastique, silverberg, avenir, déterminisme, sf

