17.04.2008

Artefact par Maurice G. Dantec

Ben voilà, j’ai essayé… sans succès. Comme d’autres lecteurs, j’ai apprécié le passage concernant la descente – à pied – des tours ; pour le reste, Dantec, malheureusement, a livré encore une fois un ouvrage qui manque de relecture. Beaucoup, énormément, trop de répétitions, abusives, à longueur de temps, pour redire, rappeler ce qui a été dit précédemment, avancer lentement, doucement, ne pas aller trop vite et rappeler ce qui vient d’être dit, encore, parce que c’est important, hein, c’est méga-important, c’est vital, donc il faut le dire plusieurs fois, pour être sûr d’avoir été bien compris. C’est pénible, hein ? Ben c’est comme ça pendant une bonne partie des seulement 150 pages que j’ai lues. Pour les pages qui ne sont pas écrites ainsi, le style est plus digeste.
La démarche de l’écrivain Dantec est très intéressante ; du moins, elle a toujours trouvé grâce à mes yeux ; ses romans les plus abscons sont passionnants, car il y a toujours une recherche sur le langage, la narration et son rapport au monde. Les conséquences en étaient une maladresse certaine, une lourdeur parfois abyssale, un risque constant de larguer ses lecteurs les moins patients. Ici, Dantec semble avoir retenu la leçon ; problème, il tombe dans l’excès inverse, s’adresse à des enfants et leur répète 15 fois la même chose. Sans compter quelques points « surprenants » : les 2 personnagees (un extra-terrestre, dans la peau d’humains depuis 1000 ans) et une petite fille s’expriment de la même manière. Sans compter que l’ET en question disposait d’un super-méga-système (non non, pas de méta ici) qui lui permet de tout voir dans le passé et le futur, mais sans connaître « tous les détails qui se rattachent à lui-même » - une sorte d’angle mort. Mais sans avoir vu ce qui allait se passer par la suite – bref, une construction narrative bancale. On pourra toujours justifier ça en arguant de la culture SF de l’auteur, d’une envie de jouer avec les conventions… Mouaif. Pour moi, ça plombe un peu la cohérence de l’univers créé.
Encore une fois, je n’ai lu que le quart de l’ouvrage. Pas plus. Largué par un ennui profond, ce (bout de) livre a pour moi été une déception. Peut-être la fin relève-t-elle le niveau ?