18.08.2009
Coco
de et avec Gad Elmaleh (2009)
Gad Elmaleh fait des spectacles drôles, développant une palette de personnages sympathiques, avec leurs défauts mais aussi leurs qualités. Dans Coco, rien de ça. L'argent, l'argent et encore l'argent. Tout brille d'un éclat noir, malsain, manière sans doute de remplir un vide abyssal, avec un personnage (qui n'est ni héros ni anti-héros, de manière très singulière, il n'est rien, ne raconte rien, ce sont ses biens qui parlent pour lui; ôtez-lui ses affaires, que pouvez-vous dire de Coco?) frustré et frustrant pour le spectateur (sur la durée du film, saura-t-il évoluer?). L'histoire? Un type plein d'argent veut remplir le stade de France pour célébrer la barmitzva de son fils. Mais comme tout le monde n'est pas d'accord, ses proches s'acharneront à lui mettre des bâtons dans les roues, certains poussant le vice à lui démontrer que l'argent n'achète pas tout. Coco est donc un homme devenu riche, à la tête d'un empire financier (mais il fait quoi? Il a invité l'eau frétillante? Comment, pourquoi? Même dans la comédie, il faut assurer un minimum de crédibilité...), mais ne sachant apparemment rien faire d'autre que dépenser l'argent – moteur de l'humour qui émaillera le film.
On ne retrouve rien ici de ce qui a pu faire le succès des portraits dressés par Elmaleh, séduisants par leurs défauts. Ici l'argent règne en maitre, dépositaire des relations entre les hommes, dirigeant l'intrigue pour en jeter au maximum à la figure. Il n'y a donc rien à tirer de ce film à gros budget, navrant et et tristement dénué d'humanité.
19:06 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coco, gad elmaleh, daube
21.03.2009
Yes man
Une comédie réalisée par Peyton Reed, avec Jim Carrey, Zooey Deschanel (2009).
Carl Allen est au point mort. No future... jusqu'au jour où il s'inscrit à un programme de développement personnel basé sur une idée toute simple : dire oui à tout ! Carl découvre avec éblouissement le pouvoir magique du "Yes", et voit sa vie professionnelle et amoureuse bouleversée du jour au lendemain.
On le voit, le scénario de Yes man n'a rien de révolutionnaire ; un homme, qui dit systématiquement non à tout, va se retrouver "obligé", de dire oui à tout le monde, à tout ce qui se présente à lui. S'ensuivra, bien évidemment, une série de catastrophes plus ou moins pénibles (pour le héros) et de quiproquos divers.
J. Carrey n'en fait pas (plus) trop, ce qui sauve son personnage et lui permet de rester crédible. Mais l'intérêt de ce film réside dans l'opiniâtreté du personnage : quelle que soit la situation, alors qu'il sait que cela va être difficile/dangereux/douloureux, il va quand même dire oui, sytématiquement, toujours, sans jamais s'arrêter - jusqu'au final, évidemment, où il reprendra une certaine mesure. Là est pour moi l'intérêt des comédies américaines: on rit avec les personnages, pas d'eux (au contraire des "comédies" françaises), et onle regarde évoluer, doucement, mais sûrement, en y jetant toute ses forces.
Pas un grand film, mais un bon divertissement (et c'est le printemps du cinéma!).
18:54 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : yes man, carrey, comédie, us
28.07.2008
Phénomènes
Donc phénomènes. Une vague de suicides touche l'est des Etats-Unis et semble se déplacer doucement dans le pays. Des centaines de gens se jettent des toits, se tirent une balle etc. tout ça en pleine rue, sans raison logique. Et là, on a peur. Les gens fuient, tentent de trouver une échappatoire. On suivra donc un héros (mais pas un super-héros, déjà fait dans incassable, faut suivre), son amie, avec qui ça-pourrait-aller-mieux-mais-ça-va-s'arranger, parce que les ennuis ça rapproche, une gamine, le copain du héros etc. que des gens bien, mais avec des défauts quand même. Ils fuient, et puis ils essaient de comprendre en même temps ce qui leur arrivent; côté suspens, pas de quoi s'inquiéter, on devine assez vite où le film va et d'où vient la menace.
Scène d'ouverture: 2 femmes discutent dans central park, et tout se fige; suicides à go go... la scène se répète sur un chantier. Déjà, ça part mal: c'est filmé à la truelle, on oublie la subtilité et on remercie Hitchcock et tous les films qui font peur des années 70. les acteurs jouent comme ils peuvent, mais c'est pas top; la réalisation abuse des gros plans (pour mieux voir les larmes, les "émotions"?), des longues séquences, des plans sur les plantes (pour ceux qui ne devinent pas où réside le danger, le réalisateur insiste... lourdement...) le tout accompagné d'une musique qui ruine une bonne partie de l'ambiance.
Pour résumer: histoire con-con (ne me dites pas qu'il y a du 2nd degré, il y a bien un peu d'humour, mais à ce stade là...), mauvaise réalisation (la 1è scène - et d'autres - m'a fait exploser de rire, désolé pour les autres spectateurs), jeu d'acteurs bof, musique déplacée.
19:00 Publié dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : phenomenes, sf, shyamalan, happening
06.11.2007
Chrysalis
Le scénario : David Hoffmann, lieutenant à Europol, la police européenne, voit sa femme se faire tuer en service sous ses yeux. Il reprendra cependant le service pour enquêter sur une série de meurtres surprenants ; son travail le mènera jusqu’à une clinique hi-tech, un tueur froid et violent, et une manipulation possible de la mémoire… On suit
également la rémission d’une jeune fille dans la clinique en question, après un grave accident de voiture (sobre mais efficace séquence d’ouverture) ; sa mère s’occupe de son cas, lui faisant passer un certain nombre de tests, sur une machine dont on suppose initialement qu’elle travaille sa mémoire.
Le scénario ne casse pas des briques… Au fur et à mesure que l’histoire avance, on se doute de ce qu’il adviendra, et la fin ne surprend que peu. Pourtant… pourtant l’atmosphère est – partiellement – là (pas aussi pesante que Blade runner). Des lieux confinés (toute l’action se passe en intérieur, les seules scènes en extérieur, ou presque, se situent à la fin du film), une caméra proche des personnages, peu de lumière ; tout est fait pour étouffer le spectateur. Les combats se font la plupart du temps à mains nues, présentant des chorégraphies sobres ; le maître mot semble avoir été l’efficacité.
Les personnages sont attachants ; d’un côté Hoffman, loin de tout, à la recherche de celui qui a tué sa femme, mais voulant également remonter de son trou sombre ; sa nouvelle collègue ajoute une légère touche d’humour, fort bienvenue. Au cœur de la clinique, la directrice surveille de près sa fille ; tout semble être fait pour elle, même si cette dernière trouve ses journées pesantes.
Côté environnement, l’histoire se situe dans un avenir proche. Les décors sont une prolongation de l’actuel, des lignes sobres, épurées, rien d’ostentatoire. Au contraire de minority report, par exemple, pas d’omniprésence de la publicité, pas de haute technologie particulière voyante, pas de véhicules sur rail. Les écrans sont plats, les ordinateurs encastrés dans les bureaux. Une opération chirurgicale à distance, par le biais de la réalité virtuelle est présentée dans la clinique.
La problématique de la mémoire numérisée n’est que survolée, utilisée comme un cliché pour balancer rapidement le final.
Un film qui se regarde avec plaisir, mais qui laisse une impression un peu mitigée.
10:30 Publié dans Film, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chrysalis, dupontel, sf, memoire


