15.11.2008

Lumière des jours enfuis - Clarke & Baxter

Par Arthur C. Clarke & Stephen Baxter

512VG4H95XL._SL160_AA115_.jpg2033. L'humanité entière apprend avec consternation que la fin du monde se produira cinq cents ans plus tard, lorsqu'un astéroïde géant percutera la terre. Cependant, une découverte majeure va transformer ces cinq siècles d'attentisme force en une expérience passionnante : la « Camver », un procédé technologique révolutionnaire qui permet de visionner n'importe quel endroit du monde, voire même de devenir témoin privilégie du passé. Les fondements mêmes de la civilisation résisteront-ils une fois confrontes à la réalité de l'histoire ? Mais peut-être les générations futures réussiront-elles surtout à utiliser leurs nouvelles connaissances pour sauver l'avenir...

Un bon gros pavé passionnant… L’idée des Camver est bien sûr le centre névralgique de ce roman ; les auteurs s’attachent à décrire TOUS les aspects de la société et des médias influencés par l’apparition de ce nouveau « mode de communication », d’observation. Au niveau social, sociétal, observation, histoire, religion, socio… Pas un aspect ne semble avoir été oublié, épargné, tout passe sous leur microscope spéculatif. Là, on a également le meilleur des deux auteurs ; Baxter décrit habituellement ses personnages à la truelle (tronçonneuse, ça dépend de votre degré de bricolo-attitude) sans aucune subtilité ; la présence de Clarke vient y remédier. Les passages descriptifs (ahh, l’exploration du système solaire en Camver !) sont par contre de sa patte, presque caractéristiques de sa part. 
Enfin bref, je ne m’étends pas, mais je recommande chaudement, il s’agit vraiment, ici, de l’exploration d’une idée (et si on pouvait tout voir à tout moment ?) et de ses conséquences. Aude-là de l’exercice intellectuelle, l’histoire est très bien menée et pleine de rebondissements.

Les univers multiples - Stephen Baxter

Pas de résumé de ces ouvrages… Le premier (Temps) détaille l’envol hors de la Terre de l’humanité, par le biais d’un homme d’une volonté de fer. Cependant, elle n’y trouvera rien de plus que son propre reflet, pas d’autre intelligence en vue quelle que soit la période observée.
Le second (Espace) présente l’apparition, dans la galaxie, d’une autre espèce intelligente. Pourtant, celle-ci ne recherche pas le contact avec l’humanité, ayant probablement mieux à faire. Ici, la position est à l’exact opposé de « Temps » : la vie existe, a existé partout. 
Enfin le troisième volet (Origine) de cette saga, présuppose par son titre que l’on aura des réponses à toutes nos questions. Que nenni mon bon, même si cela reste intéressant. Le paradoxe de Fermi est donc exploré « dans tous les sens ».

Chacun des tomes nous fait suivre les mêmes personnages, dans un univers ayant évolué différemment des autres. Dans tous, Reid Malenfant tient la place centrale ; mais tandis que là il est astronaute, ailleurs il ne l’est pas devenu. C’est le premier point, à mon sens, qui rend l’ensemble passionnant ; étudiez une histoire sous différents angles, en changeant quelques paramètres. L’autre est l’ambition portée par cette trilogie, décrire des univers parallèles (dans le sens de très proches), tout en proposant une vision de l’univers s’étendant loin, très loin… jusqu’à sa fin, et peut-être même au-delà. Dans « Temps », Baxter n’est pas avare en nouvelles idées, en spéculation, en descriptions. Il porte ses idées à leurs limites. Dans Espace, on va également très loin, en évitant la redite, même si les personnages sont les mêmes. A se demander où s’arrêtera son imagination… Mais Origine est, à mon sens, particulièrement décevant. L’idée est bonne (l’origine des univers multiples) mais à mon sens sous-exploitée, et il n’y a plus ici ce fourmillement intellectuel dont Baxter fait habituellement preuve. De plus, l’auteur n’est pas très à l’aise avec les hommes : leurs caractères, leurs relations sont un peu carton-pâte, pas toujours crédibles et régulièrement ennuyeux. Au-delà de cet aspect, Baxter signe une trilogie impressionnante, ambitieuse, passionnante.