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09.04.2008

Code source de William Gibson

Code Source se déroule dans un "passé proche" (en 2006), et William Gibson en profite pour nous projeter dans l'ambiance paranoïaque post-11 septembre d'une guerre de renseignements, opposant une mystérieuse administration et un ancien membre de la CIA.
Mais s'agit-il vraiment d'une administration, et le "vieil homme" est-il vraiment membre de la CIA ? C'est dans cet embrouillamini inter-services souterrains que se trouveront pris une journaliste freelance, ex-membre d'un groupe rock culte employée par un avatar européen de Wired ; un ingénieur paranoïaque DJ à ses heures, quelques membres des forces spéciales ; une étrange famille sino-cubaine et un accro aux tranquillisants. Tous sont plus ou moins à la recherche d'un mystérieux container, dont le contenu est inconnu mais forcément intéressant.

Bon, Gibson, c’est le papa du cyberpunk, du cyberespace, de la réalité virtuelle dans la littérature (Neuromancien, l’environnement à la Matrix…) pour ceux qui ne le savent pas encore (honte à eux !). Allez zou, ça, c’est dit.
Ce bouquin plutôt bien fichu fait suite à « Identification des schémas », qui se trouvait lui aussi pile dans la mode des « techno thrillers » (ben oui : ya de la technologie (l’iPod, mais si, l’iPod, si c’est pas de la techno, je veux bien savoir ce que c’est ! avec toute une enfilade de marques ; ce qui est une bonne observation de notre quotidien, puisque les objets sont dorénavant tous marqués, localisés, identifiés) et pis du thriller avec du suspens dedans, un semblant de complot, et là, ça fait peur). On a donc une bonne louche de technologies, entre ce qui fait partie du quotidien (l’iPod donc, enfin pour certain(e)s) et des technos plus « grises », plus confidentielles ; une constante d’ailleurs : elles sont toutes, sans exception (enfin là, je n’en vois pas), détournées pour permettre de localiser leur possesseur. Le GPS, finalement, est l’outil-roi ; il permet de garer sa voiture, suivre ses employés, créer du « locative art », c’est-à-dire de l’art géolocalisé (superbe idée, d’ailleurs). Mais ce qui fait également la particularité de ce monde (fini le bon vieux temps…) c’est que plus rien ne repose sur des bases solides, bonjour les fluctuations et adieu la stabilité. Qui est le gentil, qui manipule qui, dans quel but, par quels moyens ? Ce sont sans doute des classiques de la fiction, mais Gibson les manipule (tiens, qu’est-ce que je disais…) avec une grande aisance, menant son lecteur par le bout du nez, brouillant les pistes, donnant négligemment un indice pour éviter de le perdre. Et puis les actions s’enchainent, le rythme reprend pour ne plus retomber, jusqu’à la fin. Fin qui pourra en laisser certains sur leur faim ; ben oui, tout n’est pas forcément très carré, les raisons des uns ne s’opposent pas aux motivations des autres, et l’espoir d’un déchiffrement global de la matrice mise en place durant le roman disparaît. Oui, on comprend le pourquoi du comment, et pourtant, le détail continue de nous échapper. Enfin voilà, quoi, un bon bouquin, qui se laisse lire, mais qui ne révolutionnera rien.

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