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21.12.2007
Le bourreau par Par Lagerkvist
(1933)
« Des milliers d’années s’écoulent, des hommes se lèvent et disparaissent dans la nuit, mais moi je reste et, couvert de sang, je les vois passer, moi le seul qui ne vieillisse point. »
« Je suis condamné à vous servir. Et je reste fidèle à mon poste. Sur moi pèse le sang des millénaires. Mon âme est remplie de sang à cause de vous ! »
« Des milliers d’années s’écoulent, des hommes se lèvent et disparaissent dans la nuit, mais moi je reste et, couvert de sang, je les vois passer, moi le seul qui ne vieillisse point. »
« Je suis condamné à vous servir. Et je reste fidèle à mon poste. Sur moi pèse le sang des millénaires. Mon âme est remplie de sang à cause de vous ! »
Le bourreau est un roman court, ce qui ne l’empêche pas d’être très fort. Le bourreau est assis dans un bar, écoutant les hommes, qui ne cessent de parler de lui, le regardant en coin, sans jamais s’adresser directement à lui, le considérant comme l’incarnation du Mal et redoutant de l’approcher, lui et sa marque maudite. L'époque importe peu, de chapitre en chapitre, le siècle pourrait changer, il semble que les hommes restent les mêmes. Il répondra pourtant à leurs attaques, leur livrera le poids de son fardeau, de leurs péchés, de leurs erreurs, les hommes se déchargeant sur lui pour justifier toutes leurs colères, instincts péchés.
Les hommes discutent donc entre eux de la vie, de la mort et de ce qu’ils en connaissent. Du rôle du bourreau dans leur vie. Le mal, le diabolique semble le sujet de prédilection des discussions, où chacun a son mot à dire, son anecdote à raconter. La tension montra progressivement, jusqu’à éclater sur les musiciens, noirs, en une vague de racisme, où la foule laissera éclater sa rancœur. L’auteur fait référence à la montée du nazisme en Allemagne, montrant chez les personnages un discours sur la nécessité de la guerre et de l’ordre. Seul le bourreau s’opposera pourtant à cette flambée de haine.
Et le bourreau leur répondra longuement, sans être interrompu, interrogeant les hommes sur ce qu’ils cherchent, ce qu’ils désirent de lui, sur le fait qu’il ne peut plus supporter le poids de leurs errements. Qu’il est allé voir Dieu, mais n’a trouvé personne à qui parler. Le bourreau, le mal ont donc un pouvoir que leur attribuent les hommes, mais les deux sont distincts, puisque le bourreau peut « racheter » les fautes des hommes par un pouvoir guérisseur. L’espoir réside dans les actes des hommes, qui peuvent rattraper le péché originel ; et l’auteur montre que tout homme porte un bourreau « potentiel » en lui. Mais une forme de rédemption existe, amenée par la présence de la femme et de l’amour, qui accepte le bourreau tel qu’il est.
11:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bourreau, lagerkvist, mal, péché


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