20.11.2007
Les enfants de Darwin de Greg Bear
L'action se déroule douze ans après la naissance des enfants du SHEVA lorsque ceux-ci tombent malades et meurent. Les personnages principaux du roman précédent réapparaissent : Kaye et Mitch, les parents de Stella, elle aussi touchée par la nouvelle épidémie mais sauvée par la persévérance de ses parents, à la fois du virus et des griffes d'un kidnappeur. Celui-ci l'avait piégée à l'occasion d'une fugue, pour la vendre aux autorités, qui parquent les enfants mutants dans des “écoles spéciales” (camps de concentration édulcorés).
« Les enfants de Darwin » reprend donc l’intrigue de l’échelle de Darwin, pour étudier le développement de cette nouvelle espèce au sein de l’humanité. Et les choses ne se déroulent pas bien… l’ensemble des castes politiques réagit d’une seule voix face à ces enfants : l’enfermement. La peur règne, et assoie des décisions effrayantes : ôter les enfants à leurs parents, les enfermer dans des camps, effectuer des recherches sur l’homme… « Et si » un nouvel homme naissait, comment réagirait l’humanité ? Bear explore donc sa problématique, n’oubliant aucune direction.
On suivra donc plusieurs intrigues parallèles : Kaye qui s’occupe de la partie recherche bio, Mitch, paléontologue, s’attache à découvrir les origines de l’homme ; Stella, leur fille, internée et découvrant ses capacités ; Dicken et M. Augustine, davantage au niveau politique.
L’intrigue est solide, étayée d’une argumentation théorique pas toujours évidente à comprendre - mais c’est l’habitude chez Bear. Je ne discuterai pas les questions de virus, je n’ai aucune compétence en ce domaine… Le tout est très rythmé (cela est sans doute dû à l’alternance des narrations), alternant scènes d’action et scènes plus intimes (généralement mieux écrites que les premières).
Plusieurs points peuvent étonner : l’épiphanie subite par Kay, sa rencontre, bien malgré elle, avec une entité supérieure (Dieu ? Un esprit formé par les nouveaux enfants ?). L’intérêt est ici de confronter les faits et une perception particulière de la réalité ; la chercheuse tentera de séparer distinctement les 2. Cet évènement lui permettra incidemment de rencontrer les bonnes personnes… On pourrait aussi s’étonner du temps de réaction des parents ; après tout, leurs enfants leur sont enlevés, parqués dans des camps où on ne sait pas vraiment ce qui leur arrive… Eh bien les parents semblent initialement attendre ; ce qui peut sembler parfaitement logique, puisqu’ils sont déroutés par ce qu’ils vivent et qu’ils font a priori confiance aux « autorités » et experts. Puis la résistance s’organise…
Stella est donc une enfant du virus SHEVA ; elle dispose d’éphélides colorées sur ses joues, qui expriment une partie de ses sentiments, des odeurs pour convaincre, un langage à deux voix. Elle découvre également que les enfants ont des moyens de communication inconnus/imperceptibles pour les humains (ils ne savent évidemment pas s’ils doivent se considérer comme humains…) ; ils constitueront naturellement des dèmes structures égalitaires constituées de plusieurs enfants, mettant en commun leurs connaissances, avançant « main dans la main ». Les différents dèmes peuvent également échanger entre eux.
Les enfants de Darwin est donc le « simple » prolongement de l’échelle de Darwin ; mais quel ouvrage ! On peut bien sûr souligner quelques défauts : des deus ex machina pour maintenir le court de l’histoire (la découverte archéologique, le sauvetage des enfants etc.), une fin un peu exagérée/facile au regard de la haine déversée par les officiels, les médias et la population.
L’exploration des possibles, la prise en compte des tendances sociétales, le tout livré avec beaucoup d’émotion et de sensibilité en font un livre passionnant.
« Les enfants de Darwin » reprend donc l’intrigue de l’échelle de Darwin, pour étudier le développement de cette nouvelle espèce au sein de l’humanité. Et les choses ne se déroulent pas bien… l’ensemble des castes politiques réagit d’une seule voix face à ces enfants : l’enfermement. La peur règne, et assoie des décisions effrayantes : ôter les enfants à leurs parents, les enfermer dans des camps, effectuer des recherches sur l’homme… « Et si » un nouvel homme naissait, comment réagirait l’humanité ? Bear explore donc sa problématique, n’oubliant aucune direction.
On suivra donc plusieurs intrigues parallèles : Kaye qui s’occupe de la partie recherche bio, Mitch, paléontologue, s’attache à découvrir les origines de l’homme ; Stella, leur fille, internée et découvrant ses capacités ; Dicken et M. Augustine, davantage au niveau politique.
L’intrigue est solide, étayée d’une argumentation théorique pas toujours évidente à comprendre - mais c’est l’habitude chez Bear. Je ne discuterai pas les questions de virus, je n’ai aucune compétence en ce domaine… Le tout est très rythmé (cela est sans doute dû à l’alternance des narrations), alternant scènes d’action et scènes plus intimes (généralement mieux écrites que les premières).
Plusieurs points peuvent étonner : l’épiphanie subite par Kay, sa rencontre, bien malgré elle, avec une entité supérieure (Dieu ? Un esprit formé par les nouveaux enfants ?). L’intérêt est ici de confronter les faits et une perception particulière de la réalité ; la chercheuse tentera de séparer distinctement les 2. Cet évènement lui permettra incidemment de rencontrer les bonnes personnes… On pourrait aussi s’étonner du temps de réaction des parents ; après tout, leurs enfants leur sont enlevés, parqués dans des camps où on ne sait pas vraiment ce qui leur arrive… Eh bien les parents semblent initialement attendre ; ce qui peut sembler parfaitement logique, puisqu’ils sont déroutés par ce qu’ils vivent et qu’ils font a priori confiance aux « autorités » et experts. Puis la résistance s’organise…
Stella est donc une enfant du virus SHEVA ; elle dispose d’éphélides colorées sur ses joues, qui expriment une partie de ses sentiments, des odeurs pour convaincre, un langage à deux voix. Elle découvre également que les enfants ont des moyens de communication inconnus/imperceptibles pour les humains (ils ne savent évidemment pas s’ils doivent se considérer comme humains…) ; ils constitueront naturellement des dèmes structures égalitaires constituées de plusieurs enfants, mettant en commun leurs connaissances, avançant « main dans la main ». Les différents dèmes peuvent également échanger entre eux.
Les enfants de Darwin est donc le « simple » prolongement de l’échelle de Darwin ; mais quel ouvrage ! On peut bien sûr souligner quelques défauts : des deus ex machina pour maintenir le court de l’histoire (la découverte archéologique, le sauvetage des enfants etc.), une fin un peu exagérée/facile au regard de la haine déversée par les officiels, les médias et la population.
L’exploration des possibles, la prise en compte des tendances sociétales, le tout livré avec beaucoup d’émotion et de sensibilité en font un livre passionnant.
10:00 Publié dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enfants, darwin, Greg Bear, sf



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Commentaires
Je me suis procuré cet ouvrage ! Il va falloir que je lise (comme d'autres, j'ai des bouquins en attente....)
Ecrit par : stéphane | 28.11.2007
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