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24.10.2007
Fin d'écriture
Et voilà! j'ai finalement achevé mon (second) roman! Les corrections des "beta-lecteurs" sont maintenant prises en compte. Il s'intitule "Des larmes sous la peau" et peut se classer dans la science-fiction.
Un résumé rapide:
Dans un avenir proche, les villes se répartissent en communautés d'intérêts. Au coeur de la Congrégation, des jumelles sont manipulées par d'inquiétantes forces ; émanent-elles du Malin, comme le voudrait la tradition? Ou bien une société versée dans le clonage a-t'elle un lien avec leurs souffrances? Et que vient faire là une intelligence artificielle, synthétique, s'adressant à tous et sans message?
Reste maintenant à l'envoyer aux éditeurs du domaine...
J'ai également fini une nouvelle qui porte sur la transformation d'un homme en robot ; encore quelques lectures, puis diffusion.
13:15 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, roman, sf
12.10.2007
La trilogie divine de Philip K. Dick
Moi, mon métier c'est écrivain de science-fiction. Je fais dans les songes visionnaires. Ma vie en est un. Mais je me contente de l'écrire. C'est à mon ami Horselover Fat que les choses arrivent. C'est à lui qu'un soir de 1974 un faisceau de lumière rose a communiqué des informations capitales concernant l'avenir de notre humanité. Notre réalité n'est qu'un hologramme. Un hologramme perturbé. Mais par qui ? Par quelle force ? Cette force, nous l'avons découverte en voyant un film de S.-F. C'est SIVA : Système Intelligent Vivant et Agissant. Mais qu'est-ce que SIVA : Dieu, un satellite, une race extra-terrestre, ou nous-même dans un avenir lointain ? Sommes-nous en train de parler de religion ou de technologie avancée ?
« Dans combien de mondes existons-nous simultanément ? »
SIVA est un roman important dans les textes de Dick. Il entremêle plusieurs thématiques, lançant et explorant diverses réflexions sur la théologie, la cosmogonie et la cosmologie ; pourtant parfois de manière quelque peu brouillonne. Evidemment, avec Dick, le questionnement sur la réalité demeure central, inévitable. Cette fois, Dieu, son existence, la venue sur terre d’un Sauveur marquent les esprits. SIVA est un roman schizophrénique ; écrit par un seul cerveau, mais raconté par plusieurs voix. Parfois, le narrateur est l’auteur lui-même, du moins une image de lui ; à d’autres moments il n’est que spectateur, projetant ses questionnements dans le cerveau du lecteur, lui faisant partager ses doutes et absence de réponses.
SIVA décortique Dieu, ou du moins, cherche une place spirituelle pour l’homme dans l’univers. Et pour cela, de multiples détours sont nécessaires, de nombreuses références émaillent le récit pour mieux l’ancrer dans l’histoire humaine, pour mieux le positionner dans le temps, sans avoir de cesse de vouloir l’en arracher. Car Dick va loin ; Dieu existe (il l’a rencontré, et c’est là que débute le roman), mais Dick existe t’il ? Cette question, ce leitmotiv revient sans cesse, pour trouver une réponse, litanie inébranlable qui, à force de se répéter, à force d’écho, semble renvoyer des éléments de réponse. Dieu, qui est à l’origine de tout, n’est pas le démiurge que l’homme connaît et baptise sous différents noms, suivant les religions. Dieu est au-delà de ce créateur, qui n’a pas forcément conscience de Sa présence. Et le Logos, la Parole d’où tout est issu, ne fait pas qu’habiter l’univers des personnages de Dick ; il hante ses écrits, le roman « SIVA » devenant lui-même un support de la Déité ; c’est d’ailleurs dans cet esprit de recherche, de (con)quête de Dieu que le livre est rédigé, ordonné et cadencé.
« Tout ce qui restait d’elle, en réalité, était son enveloppe, c’est-à-dire son cadavre inhabité. »
On pourrait distinguer 4 parties dans le roman :
La première montre les discussions théologiques entre les 4 protagonistes, les questionnements sur les divinités, la spiritualité et la vie quotidienne. L’auteur/narrateur, qui raconte a posteriori, ponctue ses réflexions de références philosophiques, sans oublier un humour parfois salvateur.
Puis vient le moment du film, centre du roman, marquant un basculement ; une œuvre d’art, de science-fiction (style qu’écrit le narrateur, ça n’est évidemment pas un hasard), présente la réalité – ou les visions – vécue par Horselover Fat. Les points communs entre son expérience et le scénario sont trop nombreux pour être fortuits ; d’un coup, ses compagnons passent du scepticisme à la croyance, grâce à une œuvre de fiction, fiction démontrant ce qu’est la réalité et non plus son simulacre. Le tyran du film, Fremount, peut être identifié à Satan, ou bien à l’Antéchrist, puisque son retour marquera le début du temps de la révélation, c’est-à-dire de l’Apocalypse. SIVA (qui signifie système intelligent vivant et agissant) est symbolisée par un satellite artificiel, un système très ancien, antérieur à l’homme. Ainsi l’entité peut être perçue à la fois comme une technologie extrêmement avancée, ou plus simplement comme une métaphore (ou même une parabole) de la présence de Dieu. Le film lui-même recèle plusieurs niveaux de compréhension, entre le scénario, la musique, l’intrigue.
« L’homme est sacré, et le vrai dieu, le dieu vivant est l’homme lui-même. Vous n’adorerez pas d’autres dieux que vous-mêmes ; les jours où votre foi allait à d’autres dieux s’achèvent désormais, ils sont à jamais révolus. »
Troisième temps, la rencontre avec les concepteurs du film, puis avec le Sauveur, apportera aux personnages une partie des réponses tant attendues. Sophia représente l’Esprit Saint, la flamme déposée dans l’âme des apôtres. Mais elles ne représentent qu’un début, les transformant en apôtres chargés d’un message pour le monde. Pour les concepteurs, SIVA est une « antitoxine informationnelle », pour qui l’espace et le temps n’existent pas. Le Sauveur est donc SIVA qui a pris forme humaine. A moins qu’elle ne soit qu’une intelligence artificielle, un terminal, une unité périphérique. Sur ce point, Dick reste volontairement imprécis. De toute façon, il soutient que le temps n’existe pas. Tous les hommes sont « reliés » à travers le temps (peut-on y rattacher la conception de la sémantique générale de Korzybski, du time-binding, le fait de faire le lien entre les générations ?), et l’homme « terminal », lointain, lié à Dieu, peut aussi bien être une intelligence au-delà du temps et une technologie très évoluée, ou même une intelligence atemporelle s’incarnant dans une technologie.
Enfin la dernière partie présente un retour à leur réalité, mais en ayant connu, d’une certaine manière, l’essence de l’univers, en ayant reçu l’Esprit Saint. Le roman lui-même est ainsi le message, le témoignage direct du narrateur, Dick, sa manière de porter la parole du sauveur et l’annonce de son retour prochain, une manière d’utiliser la réalité pour mettre ce qui est réel (et non plus le simulacre) en exergue. Il crée ainsi un vortex, un tournoiement ; la réalité du lecteur, hors du livre, n’est que simulacre, tandis que le réel rationnel existe et n’est révélé qu’à travers la lecture et le contenu du roman SIVA.
Puis la personnalité de Dick se scinde à nouveau en Dick/Fat ; mais ici, une différence se fait, puisque le Sauveur a été rencontré. A partir de là, cette séparation n’est plus qu’artificielle, elle est irrationnelle puisqu’elle n’a pas lieu dans la réalité et n’a pas été voulue par le vrai Dieu.
« Le divin vous surprend là où vous l’attendez le moins. »
Les concepts développés, pour une part, se basent sur une théologie chrétienne tout en amalgamant d’autres religions. Horselover Fat construit sa propre cosmogonie, fait, comme le souligne le narrateur, ordinairement attribué à une culture ou à un ensemble d’individus, rarement à un individu isolé, du fait que jamais un homme seul signe les mythes d’une civilisation.
Dick fait également référence, régulièrement, aux pièges chinois, jeux impossibles, casses têtes, dont la solution n’apparaît jamais comme évidente ; on retrouve cette dimension dans le Maître du haut château. De plus, le roman lui-même peut être vu tel un casse tête ; reflet d’une réalité, ou bien réflexion schizophrénique.
Fat subit également une superposition des réalités, 1974 sur la Rome antique, appuyant l’idée que le temps n’existe pas, puisque celui qui vit à Rome vit en même temps que lui. Le temps n’est donc pas linéaire, ni multiple, mais ressemble davantage à un point.
C’est aussi une influence très forte, évidente, sur Maurice Dantec, que l'on retrouve notamment dans Villa Vortex, où ce dernier essaie également de montrer le travail du Logos, utilisant le roman lui-même à la fois comme preuve et comme outil de réflexion, s’adaptant au monde et au cerveau de l’utilisateur. On peut aussi observer, d’une certaine manière, dans les théories de Horselover Fat, une certaine idée – en avance sur son temps – de la mémétique, sur l’information, indépendante de l’homme, évoluant d’elle-même, les idées se sélectionnant et se répliquant. Pour Dick, le Logos/Dieu serait de l’information vivante, capable d’autoreproduction. Et celle-ci a également besoin d’un terrain pour prospérer, les cerveaux humains par exemple. Pour lui, le plasme est l’information vivante, le Logos ; son croisement avec les humains donnent des « homoplasmes », hommes immortels. Le plasme est donc quelque chose de rationnel, présent pour lutter contre l’irrationalité du monde.
La question ne semble plus de savoir qui Fat a rencontré lors de sa révélation – cela semble, paradoxalement, secondaire. La question est d’une part de savoir quelle est la nature de cette entité, et d’autre part, de regagner la réalité, qui n’est pas celle que nous vivons.
Ainsi Dick (l’auteur) développe des questionnements métaphysiques, s’appuyant sur quelques philosophes, argumentant une vision de l’univers propre, à la recherche de Dieu. L’a-t’il trouvé ? Je ne suis pas sûr qu’en tant que lecteur la réponse soit essentielle ; la quête compte ici davantage, la recherche de la vérité, au-delà d’une vérité que chacun crée par son quotidien. Il insiste sur la théophanie, qui est un « autodévoilement » du divin, où dieu se montre à lui-même pour se révéler à l’homme. Celle-ci est nécessaire, puisque la réalité est cachée, que ce « monde-ci est irréel, nous sommes au cœur d’un labyrinthe dont il faut sortir. » Pour se libérer à la fois de l’espace et du temps. Pour Dick, l’univers est fou, le monde est fou ; donc celui qui pénètre la réalité, au-delà de cette folie, ne peut pas, ne doit pas être normal, il est nécessairement fou. Il va plus loin, soutenant que l’univers est irrationnel, tandis que le vrai Dieu est rationnel. Il prend donc la réalité en embuscade et se dissimule, puisque la réalité, la nôtre, n’est qu’un simulacre. Cette tactique – se cacher/se dévoiler – n’est pas nouvelle, mais elle a une raison : Dieu est caché par un démiurge fou, aveugle, qui s’imagine être le vrai Dieu. Enfin, le message du sauveur venu sur Terre est sans équivoque, puisqu’il prétend que l’homme et le vrai Dieu sont identiques ; Dieu est donc au cœur de l’homme, Dieu EST l’homme, mais le démiurge les sépare.
Un roman multiforme, un objet se déployant dans le cerveau. Il soulève beaucoup de questions, et n’apporte que peu de réponses, mais contamine les pensées du lecteur.
L'invasion divine
« Le monde présent, cette planète, tout ce qui la compose, tous ceux qui l'habitent - tout dort ici. » Voilà ce que déclare un enfant, Emmanuel. Un enfant entré en fraude sur la Terre. Il dit que notre univers est un simulacre, un rideau de fumée, une illusion. Que la création a échappé à son Créateur, quel que soit le nom qu'on lui donne, Dieu ou SIVA. Qu'elle est désormais régie par le Mal. Il vous dit d'ouvrir les yeux, comme lui, sur cet univers parallèle que, peut-être, une vague intuition, des doutes, certaines incohérences dans votre vie quotidienne vous font pressentir déjà.
L’invasion divine est le second tome de la « trilogie divine » de Dick et fait suite à SIVA. Dick fait ici beaucoup de digression, parfois trop, au détriment de l’histoire ; beaucoup plus que dans le cadre de SIVA, où ces écarts s’intégraient beaucoup mieux à l’histoire. Les personnages sont attachants, mais leur forte dimension symbolique ôte toute possibilité de légèreté.
Dieu est obligé de perdre la mémoire pour vaincre son adversaire, Bélial, dont le monde n’est en fait qu’un simulacre, et qui voudrait « l’intervertir » avec le monde réel, celui soutenu par Dieu. Celui-ci, d’ailleurs, ne s’inquiète pas de la « qualité de vie » de ses ouailles, mais bien plus de la réalité, du fondement de ce monde, bref de sa véracité ; la division bien/mal (telle qu’on l’entend habituellement) ne semble donc que partiellement l’intéresser, dans la mesure où elle recoupe la réalité du monde. Par conséquent, le Mal n’est pas ici présenté comme une simple opposition au Bien, comme une absence de bien, tel que le sens commun l’entend, mais bien davantage comme l’antithèse du vrai, du réel. Les hommes ont ainsi la possibilité d’entrevoir le monde véritable, mais au prix de coûteux efforts, en donnant de leur santé mentale (rapportée aux autres hommes). Le personnage de Zina, plein d’ambiguïtés, et qui suivra Emmanuel tout au long de son apprentissage, ne se révèlera que tardivement, faisant planer un très agréable suspens.
Cependant, même si ce roman est moins fort que le précédent, il conserve l’indéniable intérêt de mettre en œuvre la cosmogonie esquissée dans SIVA. Et, comme d’habitude avec K. Dick, il étudie la question de la réalité du monde qui nous entoure et de son intérêt ; en quoi le monde réel est-il préférable au simulacre ? Et tandis que le monde s’abîme dans l’illusion, quelques hommes tentent de surnager, découvrant la vérité – sans que cela ne soit à leur avantage.
La transmigration de Timothy Archer
II y a des jours où le karma vous tombe dessus. C'est ce que se dit Angel Archer, la narratrice, alors qu'elle assiste à un séminaire sur le soufisme le jour même où John Lennon vient de se faire assassiner. Désormais, elle croit savoir pourquoi nous sommes sur terre. - " C'est pour découvrir que ce que vous aimez vous sera enlevé, sans doute à cause d'une erreur en haut lieu plutôt qu'à titre délibéré. " Déjà, le soir où elle lisait La Divine Comédie tout en se saoulant au bourbon pour cause de rage de dents, elle avait compris que la douleur ouvre la voie de la connaissance. Elle avait traversé les apparences. Comme les a traversées Timothy Archer le jour où il s'est demandé si Jésus n'était pas un simple trafiquant de drogue...
Le résumé n'est pas particulièrement fidèle à l'esprit qui règne dans cet ouvrage, dernier de ladite « trilogie divine ». Dick continue d'y explorer la foi, mais ici, la science-fiction n'est plus présente. Demeurent les interrogations sur l'au-delà, le devenir de l'homme, la croyance en une entité supérieure et la perte d'êtres chers. Sur le sens de la vie... La « transmigration... » pourrait donc être quasiment vu comme un essai, la dimension « narrative » est relativement limitée comparativement à ses autres romans.
Un évêque se pose ici beaucoup de questions, peut-être celles de l'auteur, recherchant Dieu à travers de nombreux, très nombreux ouvrages, pour finalement se mettre physiquement en quête, transformant son questionnement incessant en action, son angoisse en en mouvement, en recherche physique. L'auteur utilise (et met en avant) toutes ses connaissances religieuses, montrant qu'elles ne lui servent qu'à intellectualiser la question de la foi, mais sans véritablement la vivre: la connaissance ne donne pas de réponse, seule la mort permet de connaître le fin mot de l'histoire.
09:00 Publié dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dick, trilogie, sf, siva, dieu, invasion divine, timothy archer
06.10.2007
Noir de K.W. Jeter
McNihil donc, au passé sombre, à la femme décédée… tous les clichés du genre sont tout naturellement réunis ; mais il possède une particularité, deux implants dans les yeux qui lui permettent d’échapper au quotidien, et lui font voir le monde en N&B, comme un film policier des années 50 (adaptation des personnes rencontrées aux vêtements de l’époque, décors, immeubles, odeurs). Mais parfois, face des objets technologiques, ou bien au creux d’un reflet, la réalité surgit dans son univers personnel.
Dernier élément remarquable de ce futur, quand vous êtes mort, vous n’êtes pas encore au repos. Ceux qui ont encore des dettes à l’heure du trépas ne lèguent donc pas leurs problèmes à leur descendance, mais sont maintenus en vie partielle, isolés à l’extérieur de la ville, à faire des petits boulots, pour rembourser les emprunts/dettes/intérêts. Pour les plus chanceux, c’est l’enterrement/crémation. Vous pouvez ainsi rendre visite à vos proches, qui sont particulièrement détachés de votre monde, puisque dans le leur (à la porte de la ville pourtant) TOUT s’émiette, se détruit. Les morts ont pourtant un avantage (en plus de rapporter de l’argent) : ils perçoivent différemment le monde, et peuvent informer les vivants sur ce qui les touche, leurs avenirs possibles, véritables Pythies infernales.
Dernier point remarquable (si si), ce monde virtuel, également décrit comme un univers de polar ; pour rechercher des informations, vous n’utilisez plus de moteur de recherche (pour les plus fortunés), vous utilisez un « errant », une sorte d’humain virtuel, sans conscience véritable mais entraîné à connaître vos recherches, centres d’intérêt etc. évidemment, tout n’est pas si simple, puisqu’il y aura davantage de conscience que prévu dans ces logiciels (on pense à la Cité des permutants, de Egan) ; pour se connecter, vous retrouvez votre errant dans un bar « spécialisé », où ceux-ci se retrouvent entre 2 missions.
Le scénar ? Un homme meurt au sein d’une grosse société, DynaZauber, et McNihil se charge d’enquêter ; il fera bien sûr face à ses démons intérieurs… mais aussi à toutes sortes de résistance. Il tombera dans des pièges plus gros que lui, ne résistera pas aux charmes fifties des femmes qu’il rencontre… Dit comme cela, cela fait très déjà vu ; effectivement, la seule « nouveauté » de cette histoire est son univers poisseux, où l’homme n’est plus qu’une parodie d’humain, transformé en machine en pièces détachées, corvéable sans que personne n’y trouve rien à redire – c’est comme ça. Les relents de Blade Runner sont très forts, donc, avec une ambiance évidemment noire (oui, il doit y avoir un lien avec le titre…). Malgré des lourdeurs répétées, une action très lente, l‘humour (noir, faut-il le préciser ?) apporte une légère touche de couleur (pastel plutôt) bienvenue.
13:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeter, sf, cyber, polar, virtuel
05.10.2007
... comme une orange

09:00 Publié dans photo | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, orange
02.10.2007
La zone du Dehors de Alain Damasio
Damasio a signé là un premier roman passionnant, viscéral. On ne pourra que lui reprocher une certaine longueur, une envie forte de trop en dire, alourdissant le propos, le diluant par moments.
Mais l’auteur de la Horde du Contre-vent soigne son propos ; un groupe de personnages centraux, qui se révoltent contre l’absence de liberté, une certaine mollesse ambiante, favorisée aujourd’hui par une sécurisation à tout crin de la société.
Damasio l’explique dans sa postface, il a voulu réfléchir aux moyens/possibilités de se révolter aujourd’hui, au pourquoi. Il a donc imaginé une resucée de notre société enclavée sur une planète éloignée ; l’essentiel de la population vit sur une mince partie de cette planète, tandis que la « zone du dehors » reste vide/libre/inoccupée – car « rationnellement » inoccupable. Pour vivre confortablement, cette société se sécurise quotidiennement : cela passe par des messages d’alerte, d’attention, des contrôles, mais aussi l’usage de moyens de surveillance généralisés. Le flicage se fait par tous et pour tous, la police n’est là que pour les coups d’éclats et la régulation des problèmes. Le Big brother de 1984 a disparu (il n’a existé qu’un temps) pour être remplacé par une surveillance de chacun ; non pas une véritable surveillance, d’ailleurs, mais bien davantage un souci du bien-être général : ne pas dépasser du cadre, rester dans les normes. Chacun s’en satisfait… exception faite d’un groupe, la Volte, qui refuse l’encartement systématique, les contrôles répétés, la limitation des accès etc. tout ce qui s’oppose, finalement, à la liberté de circulation, tout ce qui pousse à consommer « pour être heureux. » dans sa critique du système, l’auteur est – évidemment – volubile, parfois trop, alourdissant le texte. Mais quelle vie, la plupart du temps, dans son texte ! La relation de Capt et de Boule de Chat, l’amitié… tout cela ne sent pas le carton pâte, mais respire, évolue. Damasio a testé ses idées sur un monde « grandeur nature », les confrontant au pouvoir en place – ressemblant fort au monde où nous vivons, avec sa biométrie pour notre bien, ses identifications par ADN par souci de sécurité.
La (ré)Volte aboutira (évidemment, il fallait bien – littérairement et littéralement – les tester) à un ensemble d’utopies, de communautés tentant de se mettre en place, mais faisant face aux agressions extérieures. Les actes mis en place (l’attaque de la tour télé est superbe) montrent une certaine gradation dans l’action : de la distribution de tract à la manif, pour arriver à des actions plus violentes – puisque cela leur semble le seul moyen de faire sauter le cocon dans lequel la population vit.
L’idée du « cube » est également fort intéressante : il s’agit d’une gigantesque déchetterie close, recueillant tous les déchets non recyclables, non destructibles, notamment nucléaires. Et quand il s’agira de remettre la peine de mort au goût du jour, aucune injection ne sera faite, il suffit de mettre le condamné dans le cube en question. Ou plutôt la boîte noire, tant ce cube (référence au film du même nom ?) renferme ce que chacun désire y voir, y puiser. On pourrait également y projeter tout un tas de métaphores, ou simplement s’étonner d’une telle gestion des déchets dans une société censée être si avancée.
Damasio signe donc là un excellent roman, parfois trop bavard, se répandant dans ses discours-à-la-mode, mais pas aussi manichéen qu’on pourrait le croire (même si les idées sont particulièrement à la mode…). Ajoutez à cela une écriture très dynamique, une réflexion intéressante sur notre société « tout sécurité » et vous obtiendrez un joli cocktail…
09:05 Publié dans Livre, science-fiction | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : damasio, zone, dehors, anarchie, utopie, cube

